Vous voulez installer WordPress proprement, sans plugin inutile ni configuration bancale ? Ce guide couvre les cinq méthodes qui existent réellement en 2026 : l’auto-installeur de votre hébergeur, l’installation manuelle en cinq minutes, WP-CLI en ligne de commande, l’environnement local et Docker. Pour chaque méthode, vous trouverez les commandes exactes, les pièges connus et la checklist de sécurisation à appliquer juste après, celle que la plupart des tutoriels oublient.

Ce qu’il faut préparer avant d’installer WordPress

Une installation WordPress ne demande que quatre ingrédients. Vérifiez-les avant de commencer, cela vous évitera 90 % des erreurs d’installation :

  • Un hébergement web avec PHP 8.1 minimum (8.3 recommandé) et MySQL 8.0 ou MariaDB 10.5. Presque toutes les offres mutualisées françaises (o2switch, OVH, Hostinger, Infomaniak) conviennent.
  • Un nom de domaine pointant vers cet hébergement, avec un certificat SSL actif. Laissez le HTTPS se mettre en place avant l’installation, vous éviterez les redirections mixtes.
  • Une base de données MySQL avec son utilisateur dédié. Ne réutilisez jamais un utilisateur existant d’un autre site.
  • Un accès FTP ou SSH pour la méthode manuelle ou WP-CLI. Les identifiants sont dans l’e-mail de bienvenue de votre hébergeur ou dans cPanel.

Si votre version de PHP est ancienne, mettez-la à niveau d’abord : notre guide pour mettre à jour PHP sur WordPress détaille la marche à suivre selon l’hébergeur.

Quelle méthode d’installation choisir ?

Toutes les méthodes aboutissent au même WordPress. La bonne question est : quel niveau de contrôle voulez-vous, et où le site doit-il vivre ?

Méthode Durée Pour qui Contrôle
Auto-installeur hébergeur 2 min Débutant, site vitrine Limité
Manuelle (FTP + base) 10 min Celui qui veut comprendre Total
WP-CLI 1 min Développeur, SSH disponible Total et scriptable
Locale (Local WP, XAMPP) 5 min Test, développement Total, hors ligne
Docker 3 min Développeur, environnements jetables Total et reproductible

Méthode 1 : l’auto-installeur de l’hébergeur

C’est la voie la plus rapide pour installer WordPress sur un hébergement mutualisé. Chez o2switch, OVH ou Hostinger, un module (souvent Softaculous ou une interface maison) installe WordPress en deux clics : vous choisissez le domaine, un identifiant administrateur et un mot de passe, l’outil crée la base de données et copie les fichiers.

Trois précautions tout de même :

  • N’utilisez jamais « admin » comme identifiant. C’est le premier login testé par les robots de force brute.
  • Décochez les extensions et thèmes bonus proposés par l’installeur. Chaque plugin inutile est une surface d’attaque en plus.
  • Notez le préfixe de table généré (par exemple wpx7_). Vous en aurez besoin si vous intervenez un jour dans la base.

La procédure varie légèrement selon l’hébergeur. Si vous êtes chez OVH, suivez notre guide pas à pas pour installer WordPress sur OVH, qui couvre le module en un clic et l’installation manuelle.

Méthode 2 : l’installation manuelle en cinq minutes

La « famous 5-minute install » de WordPress reste la meilleure façon de comprendre ce que fait réellement votre site. Quatre étapes.

Étape 1 : télécharger WordPress

Récupérez toujours l’archive officielle en français depuis fr.wordpress.org, jamais depuis un site tiers. Une archive modifiée est le vecteur classique des portes dérobées.

cd ~/www
curl -O https://fr.wordpress.org/latest-fr_FR.zip
unzip latest-fr_FR.zip
mv wordpress/* .
rm -rf wordpress latest-fr_FR.zip

Étape 2 : créer la base de données

Depuis phpMyAdmin ou l’outil « Bases de données MySQL » de cPanel, créez une base et un utilisateur dédié avec tous les privilèges sur cette base uniquement. En SSH, la même chose se fait en trois requêtes :

CREATE DATABASE monsite_wp DEFAULT CHARACTER SET utf8mb4 COLLATE utf8mb4_unicode_520_ci;
CREATE USER 'monsite_user'@'localhost' IDENTIFIED BY 'mot_de_passe_long_et_unique';
GRANT ALL PRIVILEGES ON monsite_wp.* TO 'monsite_user'@'localhost';
FLUSH PRIVILEGES;

Étape 3 : transférer les fichiers

Si vous n’avez pas de SSH, envoyez le contenu du dossier wordpress vers la racine web (souvent public_html ou www) avec FileZilla ou tout client FTP. Comptez quelques minutes, WordPress représente environ 1 900 fichiers.

Étape 4 : lancer l’assistant

Ouvrez votre domaine dans le navigateur. WordPress vous demande les informations de la base (nom, utilisateur, mot de passe, hôte, presque toujours localhost), écrit le fichier wp-config.php, puis vous fait créer le compte administrateur. Choisissez un identifiant unique et un mot de passe généré. Après connexion, vérifiez que l’interface est bien en français ; sinon, notre article explique comment mettre WordPress en français en deux réglages.

Méthode 3 : installer WordPress avec WP-CLI

Sur un hébergement avec SSH, WP-CLI installe un site complet en une minute, sans toucher au navigateur. C’est aussi la seule méthode réellement scriptable si vous déployez plusieurs sites :

cd ~/www
wp core download --locale=fr_FR
wp config create --dbname=monsite_wp --dbuser=monsite_user 
  --dbpass='mot_de_passe_long_et_unique' --dbhost=localhost --locale=fr_FR
wp core install --url=https://monsite.fr --title="Mon site" 
  --admin_user=redaction_ml --admin_email=vous@monsite.fr --skip-email

La commande wp core install affiche le mot de passe administrateur généré : stockez-le dans votre gestionnaire de mots de passe. Vérifiez ensuite l’installation :

wp core verify-checksums
wp option get siteurl

verify-checksums compare chaque fichier du cœur à l’empreinte officielle : c’est votre preuve que l’installation est saine, et une commande à garder pour vos audits futurs.

Méthode 4 : installer WordPress en local

Pour développer un thème, tester des extensions ou préparer un site avant sa mise en ligne, installez WordPress sur votre machine. Local WP est l’outil le plus simple (site prêt en trois clics), XAMPP et WAMP restent les classiques, et Docker séduit les développeurs. Nous avons comparé les quatre options en détail dans notre guide pour installer WordPress en local, avec les procédures complètes et le passage du local vers l’hébergement.

Méthode 5 : installer WordPress avec Docker

Docker crée un environnement WordPress complet, jetable et reproductible. Un fichier docker-compose.yml minimal suffit :

services:
  wordpress:
    image: wordpress:latest
    ports:
      - "8080:80"
    environment:
      WORDPRESS_DB_HOST: db
      WORDPRESS_DB_USER: wpuser
      WORDPRESS_DB_PASSWORD: change_me
      WORDPRESS_DB_NAME: wordpress
    volumes:
      - ./wp-content:/var/www/html/wp-content
  db:
    image: mariadb:11
    environment:
      MYSQL_DATABASE: wordpress
      MYSQL_USER: wpuser
      MYSQL_PASSWORD: change_me
      MYSQL_RANDOM_ROOT_PASSWORD: "1"

Lancez docker compose up -d puis ouvrez http://localhost:8080 : l’assistant d’installation classique démarre. Le volume wp-content monté en local vous permet d’éditer thèmes et extensions directement depuis votre éditeur.

Régler wp-config.php correctement

Quelle que soit la méthode, le fichier wp-config.php mérite trois ajustements immédiats :

define( 'WP_DEBUG', false );
define( 'DISALLOW_FILE_EDIT', true );
define( 'WP_AUTO_UPDATE_CORE', 'minor' );

DISALLOW_FILE_EDIT désactive l’éditeur de code intégré à l’administration, un outil dont se servent les attaquants dès qu’un compte est compromis. Vérifiez aussi que vos clés de salage (les lignes AUTH_KEY, SECURE_AUTH_KEY, etc.) sont uniques : l’API officielle de WordPress en génère de nouvelles à la demande si votre installeur a laissé les valeurs par défaut.

La checklist post-installation

WordPress fraîchement installé n’est pas prêt à publier. Dix minutes de réglages s’imposent :

  • Permaliens : Réglages, Permaliens, choisissez « Titre de la publication ». À faire avant d’écrire quoi que ce soit, changer plus tard casse les URLs.
  • Visibilité moteurs : dans Réglages, Lecture, vérifiez que la case « Demander aux moteurs de recherche de ne pas indexer ce site » est décochée (ou cochée si le site n’est pas prêt).
  • Fuseau horaire et langue : Réglages, Général, fuseau Paris et format de date français.
  • Supprimez le contenu de démonstration : l’article « Bonjour tout le monde », la page d’exemple, les extensions Hello Dolly et Akismet si vous ne les utilisez pas, et les thèmes par défaut sauf un (gardez-en un comme thème de secours).
  • Comptes : un compte administrateur unique avec identifiant non devinable, et des comptes auteur ou éditeur pour la rédaction quotidienne.
  • Sauvegarde initiale : prenez une première sauvegarde complète dès que le site est configuré, elle servira de point zéro. Notre méthode de sauvegarde WordPress avant mise à jour fonctionne aussi très bien comme routine.

Sécuriser WordPress dès l’installation

Les robots scannent les nouveaux domaines en continu : un site WordPress reçoit ses premières tentatives de connexion malveillantes dans les heures qui suivent sa mise en ligne. Le minimum vital, à appliquer le jour même :

  • mots de passe générés (24 caractères et plus) pour l’administrateur, la base de données et le FTP ;
  • mises à jour automatiques activées pour les extensions que vous ne suivez pas manuellement ;
  • une extension de journalisation ou un pare-feu applicatif si le site est exposé ;
  • un test immédiat avec notre scanner WordPress gratuit : il vérifie en quinze secondes les en-têtes de sécurité, la version exposée et les fuites d’information classiques.

Pour aller plus loin (durcissement, WAF, authentification forte), le guide sécuriser un site WordPress décrit la défense complète, y compris quoi faire si le pire est déjà arrivé.

Les erreurs fréquentes pendant l’installation

Trois blocages reviennent sans cesse :

  • « Erreur lors de la connexion à la base de données » : identifiants incorrects dans wp-config.php, hôte erroné (essayez 127.0.0.1 à la place de localhost, ou l’hôte spécifique fourni par l’hébergeur), ou utilisateur sans privilèges sur la base.
  • Page blanche ou erreur 500 au premier chargement : version de PHP trop ancienne ou limite mémoire trop basse. Notre diagnostic complet de l’erreur 500 WordPress vous donne la méthode pour identifier la cause en quelques minutes.
  • Le téléversement FTP semble incomplet : relancez le transfert en mode binaire et comparez le nombre de fichiers. Un cœur WordPress incomplet produit des erreurs fatales aléatoires ; wp core verify-checksums confirme l’intégrité.

FAQ : installer WordPress

Installer WordPress est-il gratuit ?

Oui, le logiciel WordPress est libre et gratuit. Vous payez uniquement l’hébergement (3 à 8 EUR par mois en mutualisé) et le nom de domaine (10 à 15 EUR par an). Attention à ne pas confondre avec WordPress.com, l’offre hébergée commerciale dont les formules payantes débloquent les fonctions essentielles.

Combien de temps faut-il pour installer WordPress ?

Deux minutes avec l’auto-installeur d’un hébergeur, une minute avec WP-CLI, environ dix minutes en installation manuelle avec la création de la base et le transfert FTP. La configuration post-installation (permaliens, comptes, sécurité) demande dix minutes supplémentaires bien investies.

Faut-il savoir coder pour installer WordPress ?

Non. L’auto-installeur de l’hébergeur ne demande aucune compétence technique. L’installation manuelle demande seulement de savoir utiliser un client FTP et copier des identifiants. WP-CLI et Docker s’adressent en revanche aux utilisateurs à l’aise avec un terminal.

Quelle est la différence entre WordPress.org et WordPress.com ?

WordPress.org distribue le logiciel libre que vous installez sur votre propre hébergement : contrôle total, extensions et thèmes illimités. WordPress.com est un service commercial qui héberge WordPress pour vous, avec des restrictions selon la formule. Ce guide concerne WordPress.org, la version auto-hébergée.

Peut-on installer WordPress dans un sous-répertoire ?

Oui. Placez les fichiers dans le sous-dossier (par exemple /blog/) et installez normalement : l’URL du site devient monsite.fr/blog. WordPress supporte aussi le mode « répertoire séparé » où les fichiers vivent dans un sous-dossier mais le site répond à la racine, via deux réglages dans Réglages, Général.

Sources

N
· Développeur WordPress & fullstack · Expert IA

Natsou développe sur WordPress depuis plus de 10 ans. Développeur fullstack et expert en intelligence artificielle, il conçoit, débogue et sécurise des sites en production et automatise les workflows d'agence. Sur WP Admin Lab, il partage des procédures testées en conditions réelles : diagnostics reproductibles, correctifs vérifiés et retours de terrain, sans jargon inutile.